" Si Batma est mort son message est toujour vivant"

" Si Batma est mort son message est toujour vivant"
22 ans après la création du groupe, Klam el Ghiwane recueil de leurs paroles, a été épuisé en deux semaines. Un deuxième tirage est en cours. Comment une bande de jeunes, issus de l'exode rural, (Ecole al ittihad hay el mohammadie, école istiqlali ) réduits à l'exclusion dans un quartier périphérique de Casablanca, ont-ils aussi profondément marqué notre conscience collective? A l époque el hay mohammadi ne disposait ni de collèges ni de lycées, et plusieurs jeunes subissaient leurs premières difficultés puisqu'il fallait prendre le bus pour aller au collège surtout la majorité de ses jeunes ont étaient orienté vers des écoles qui se trouvent souvent dans des zones chics de Casablanca, tel que 2 mars, bd d anfa, l ermitage etc......et pour plusieurs d entre nous senti comme un exil forcé et une sensation que je développerai en détail dans un autre chapitre.

Récit d'une légende

Le 23 mars 1965 est une date qui aura marqué les esprits dans toutes les villes du royaume, mais plus particulièrement les quartiers casablancais de Hay Mohammedia, Derb Moulay el koudia, Chérif Bournazel ou aussi les Roches Noirs etc.... Là plus qu'ailleurs, la confrontation avec les forces de l'ordre sera d'une grande violence. Les tirs à balles réelles (même le général Oufkir en personne a essayé de procéder à l élimination de cette population, les arrestations arbitraires, les jugements sommaires et les couvre-feux resteront à jamais gravés dans les mémoires. Parmi les détenus, un garçon de 17 ans qui s'appelle Larbi Batma. "J'ai passé un mois dans une prison où j'ai vécu des choses qui me font trembler quand j'y repense" écrit-il dans son autobiographie Errahil "Nous étions très nombreux dans des cellules exiguës (une partie a derb moulay chérif l autre chez les mineurs a berd ben jdia et a belvédère ), sombres et nauséabondes (...) ils nous ont relâchés après avoir finalement compris que nous n'étions que des lycéens sans appartenance politique" ( mais une partie de ses jeunes n ont jamais donné de nouvelles a leurs famille exemple du fils du cheikh des mkaddem ben omar dont le père était un fervent résistant pendant la colonisation ).
Les années qui suivent les émeutes seront pour lui une sorte de traversée du désert. De petits boulots en petits larcins, il fait l'expérience douloureuse de la rue. Dans son quartier, Hay Mohammadie, et plus précisément aux alentours du cinéma Essâada, la délinquance et la violence sont monnaie courante. En effet, ce quartier autrefois bastion de la résistance à l'occupation française, cristallise tous les maux de notre société. On y arrive pour fuir la misère, mais on y rencontre l'exclusion, le chômage et la répression policière, souvent arbitraire. Paradoxalement, "El Hay" (comme les habitants aiment l'appeler) est une pépinière de talents qui continue jusqu'à présent (malgré la nouvelle immigration) à grossir les rangs de ceux qui font notre culture au quotidien. La maison des jeunes y est pour beaucoup. (Sous la direction de al alaoui, avec les animateur settati et badjar ) Des associations culturelles telle Echouâla (le flambeau) servaient d'école pour un nombre impressionnant d'artistes, notamment regroupés dans des troupes de théâtre amateur qui animent la vie du quartier. Tayeb Sedikki, alors directeur du regretté Théâtre municipal de Casablanca, dit un jour en plaisantant qu'il appellerait son Masrah Ennass véritable Académie du théâtre marocain, "la troupe du Hay Mohammadie". Bien qu'ils habitent le même quartier, Boujemâa Ahguir, alias Boujmiî et Larbi ne feront connaissance que dans les coulisses de Masrah Ennass. Larbi raconte cette rencontre avec beaucoup d'affection : "Ce jour-là, lorsque je suis entré au théâtre, tout le monde m'a ignoré sauf les inséparables Omar Essayed et Boujmiî qui m'ont accueilli chaleureusement. Boujmiî s'est approché avec son sourire qui ne le quittait presque jamais (...) Il me demanda ce que j'avais entre les mains et je lui ai montré mon bendir (...) Omar me prit de côté et me dit: Maintenant tu es entré dans le monde du théâtre professionnel, tu te dois d'être patient, présent et discipliné. Tu dois aussi mémoriser les différents rôles, et la mise en scène. Sache, mon frère que le directeur a un caractère difficile... ". C'était le début d'une amitié à toute épreuve.
La tournée de Masrah Ennass en France, en 1969, fut un moment fort dans la vie du trio Boujmiî-Batma-Seddiki. Même si une déclaration malheureuse du dernier à la presse française suscita la grogne au sein de la troupe. Le directeur avait osé traiter ses comédiens de "cobayes pour son théâtre expérimental". Boujmiî le ressentit comme une insulte, mais la réaction qu'il suggéra n'était pas virulente. Ce fut une "révolte artistique" en ce sens que les acteurs se jurèrent de prouver leur compétence en interprétant leurs rôles à la perfection. Après la tournée, Seddiki mitigea son attitude, jusque-là exagérément autoritaire à l'égard des comédiens.
Durant la même tournée, Boujmiî et Larbi font la connaissance d'un homme qui sera à l'origine de leur changement de direction. Mohamed Bouidia, un algérien alors directeur d'un petit théâtre à Paris, était, selon Larbi, membre du FPLP (Front populaire pour la libération de la Palestine). Plus tard, il sera assassiné par le Mossad : attentat à la voiture piégée, place de l'Opéra. C'est du moins ce qu'affirme Larbi dans ses mémoires. "Le regretté Boudia nous
A aimés passionnément, surtout lorsque nous lui chantions nos morceaux révolutionnaires
ÔQaâba, demeure d'Allah,que tu es resplen-dissante ! Ô Qods, demeure d'Allah, où es-tu ? Entre les mains des sionistes impérialistes !"
A cette époque, l'idée du groupe avait commencé à germer dans l'esprit de Boujmiî. De retour au Maroc, les conditions des comédiens se sont relativement améliorées. Ce qui n'empêchera pas Larbi et Boujmiî de quitter à nouveau la troupe pour la France, sur invitation de Bouidia. "A Paris, ce fut la souffrance (...), l'errance, les nuits passées sur les perrons, ou dans les stations de métro, les rencontres louches, les vols, les excès...". C'est à cette époque que seront écrites des chansons comme Ma hammouni, Ya bani Al Insane, Essinia. A Paris, Bouidia leur présente une foule d'artistes et de militants pour la cause palestinienne. Tous seront un catalyseur pour le projet artistique de Boujmiî et Larbi. Depuis, plusieurs de leurs chansons dépassent le cadre marocain pour toucher à l'universel. C'est aussi à cette époque que les s½urs Bradley, alors étudiantes iront perpétrer un attentat en Israël, pour le compte du FPLP... a la place de Larbi et Boujmiî. Le séjour des deux amis sera tellement difficile qu'au bout de trois mois les deux Ghiwane décident de rentrer au pays. A leur arrivée au port de Tanger, la police des frontières les arrête et confisque leur passeport. Etait-ce leurs rapports avec Bouidia, leur engagement déclaré pour la cause palestinienne ? Non. On les arrête tout simplement parce qu'ils ont... les cheveux longs ! C'était en 1970... (Je veux aussi associer mohammed damraoui qui a aussi participé à cette aventure). Ayant eu vent de leur retour, Seddiki les contacte, sur un ton beaucoup plus avenant. Il les invite à présenter leurs chansons au café-théâtre qu'il dirige. Le public est tout de suite conquis par le souffle militant de leurs paroles, loin de la sensiblerie dégoulinante qui caractérise la musique arabe de l'époque. Leur succès est à l'origine... de la fermeture du café-théâtre ! Quelle meilleure confirmation qu'ils ont fait mouche ? Nass El Ghiwane, et "la chanson du peuple", sont nés. Quelque temps plus tard, Boujmiî contacte un ami d'enfance, Allal Yâala (l'homme orchestre) pour enregistrer Essinia à la RTM. Ils s'y présentent sans rendez-vous, mais le hasard veut que Omar Essayed soit là pour le tournage d'une comédie. Il se fait un plaisir de les présenter au réalisateur Hassan Bourjila... qui leur demande, dans une attitude hautaine, "ce qu'ils vendent" ! Réponse réflexe de Boujmiî : "Louz ou laâssal ou teffah!" (Des amandes, du miel et des pommes). Il faudra toute la diplomatie d'Omar, et le renfort d'autres comédiens, pour que la tension retombe. L'enregistrement aura finalement lieu sans remous. A la retransmission, le succès est immédiat, malgré le fait que la chanson soit tronquée de son prélude, et que Allal n'apparaisse pas dans le cadre (d'après le réalisateur, ses vieilles frusques ne pouvaient pas passer à l'écran !). Attiré par la nouvelle notoriété des désormais Nass el Ghiwane (toujours un duo), Seddiki leur propose de monter un spectacle qu'il produirait, à condition d'agrandir le groupe. Omar Essayed est le premier à l'intégrer, Abel Aziz Tahiri et Mahmoud Essaâdi suivront. Le choix des instruments est significatif à plusieurs égards. Avant eux, les instruments considérés comme nobles sont le luth, le violon et le Qanun, voire le piano. Ils leur tournent sciemment le dos et choisissent des instruments autochtones méprisés : la tbila, ou (tam-tam), le sentir gnaoui, le daâdouou des haddawa, et le bendir, mais aussi le bouzouki, encore inconnu des Marocains. La veille de ce fameux spectacle, les Ghiwane sont surpris par l'affiche qui les présente comme une création de Tayeb Seddiki. Ce sera la fin de leur relation avec ce dernier ... le début de la plus belle aventure musicale que le Maroc moderne ait connu. Le premier concert du groupe est monté au Nautilus, un restaurant qui se trouvait à peu près à l'emplacement actuel de la mosquée Hassan II, sous le nom de "Neo-Derwish". Mais le concert qui leur donne définitivement confiance et élan créatif aura lieu dans leur quartier, plus précisément au Cinéma Essaâda, où Larbi gardait autrefois les vélos. Il commente : "Un ami du temps de la délinquance m'a dit que j'avais trouvé ma voie!". Au troisième concert, au cinéma royal de Derb Sultan, ils comprennent que la jeunesse marocaine en mal de vivre s'est identifiée à leur discours révolutionnaire, à une époque où une simple déclaration à la presse est synonyme de haute trahison. Pour l'anecdote, ce soir-là Boujmiî noue... sa chaussure sur sa tête, témoignant par là d'un sens aigu du symbole et de la dérision. C'est à cause de la virulence des critiques, mais aussi du danger que représentent les sujets abordés, que le groupe connaît, très tôt, le départ de My AbdelAziz Tahiri (remplacé par Abderrahmane Qirouch dit Paco qui venait de rompre avec Jil Jilala (il a été surtout écarté par le groupe jil jilala pour son manquement et non professionnalisme, a l époque ou été juste un menuisier à l ancienne médina de casablanca et venant de marrakeche) et Mahmoud Essaâdi. Ils connaissent enfin la consécration, à L'occasion du spectacle donné au Théâtre Mohammed V à Rabat, à l'apogée du mouvement de contestation estudiantine. Lors de ce concert, ils entonnent une chanson mythique, Soubhane Allah, (chanson repérée dans le diwan sidi kaddour el alami, ou les paroles on étaient échangées), dans laquelle les gouvernants subissent une attaque frontale. ("Le gouvernant falsifie et touche des pots de vin, et le témoin ne rechigne pas à commettre le parjure"). Réaction réflexe des forces de l'ordre : les arracher brutalement de la scène sous les sifflets et les huées d'un public indigné. Les années qui suivent sont une période faste : on s'arrache leurs disques, les concerts se multiplient, leur renommée grandit, dépassant les frontières du royaume. Une tournée en Algérie et en Tunisie dirigée par Abdessamad El Kenfaoui (homme de théâtre connu pour la virulence de ses propos politiques), voit la création un peu partout au Maghreb d'une foultitude de groupes à leur image - faisant de Nass el Ghiwane une légende vivante. Leur premier album, reproduit par la maison Polydor, obtient un disque d'or (qu'ils n'ont jamais reçu, du reste). Leur concert à l'Olympia de Paris est un triomphe. Désormais, ils jouent dans la cour des grands, et inscrivent leur nom en lettres d'or sur la scène musicale internationale. Leur originalité se manifeste même dans leur attitude très avant-gardiste vis-à-vis de la propriété intellectuelle. Omar raconte : "Larbi et Boujmiî apportaient leurs textes et disaient qu'ils étaient la propriété de Nass El Ghiwane et que personne n'avait le droit d'y apposer sa signature. Nous élaborions nos chansons dans la concertation".
Cette montée fulgurante sera stoppée net par la mort subite de Boujmiî, qui personnifiait toute l'âme du groupe. Survenu suite à une péritonite le 24 octobre 1974, ce décès induit un passage à vide qui durera quelques années.
Extrait des mémoires de Larbi : "Boujmiî n'est plus (...) sa perte a miné en moi des mots comme l'amitié et la fidélité (...) il était, puisse Dieu l'avoir en Sa miséricorde, mon aîné. Mais il croyait en mes idées et mes aspirations (...) le choc était violent". C'est grâce à la persévérance de Omar, véritable cheville ouvrière, que le groupe survit au drame. Omar prend en outre sur lui les convocations des "services" qui souvent l'interrogent sur le contenu des textes. Il déjoue les interrogatoires en changeant, au commissariat même, quelques vers "qui pourraient être utilisés contre le groupe". Il faut attendre 1982, année de la sortie de l'album Taghounja, pour marquer le renouveau de cette formation légendaire. L'apport de Paco y est pour beaucoup. Ce maâllem gnaoui renforce en effet la dimension mystique de leur musique autant que de leurs textes. On se rappelle de morceaux comme Essadma où la mélodie et la rythmique font penser à la "Hadra Gnaouia". Avec des paroles plus explicites que l'imagerie de Boujmiî, faisant souvent référence à la nature pour déjouer la censure, Larbi prend sur lui de poursuivre le rêve de son aîné. Pour ne citer qu'elle, la chanson Mahmouma illustre clairement le changement de langage dans leur répertoire. C'est un véritable "j'accuse !" qui décrit notre société sombrant dans la décadence des m½urs.
Nass El ghiwane sont désormais une référence incontournable de la chanson engagée dans le monde arabe, voire dans le monde tout court. Ils sont invités aux festivals les plus prestigieux, acclamés par des foules exaltées... Des cinéastes leur proposent même de tourner des films retraçant leur parcours. "Ce qui m'avait frappé chez les Ghiwane, c'était leur constance. Ils étaient les mêmes au Hay Mohammadie, au Club Med ou au festival de Cannes, où nous étions allés présenter El Hal (Transe)", raconte Ahmed El Maânouni réalisateur du film. Mais le malheur, c'était écrit, devait encore frapper. Vers la fin des années quatre vingt, Larbi est atteint d'un cancer du larynx qui a finalement raison de lui en 1998. Un an plus tôt, Paco avait quitté le groupe. "Pour des raisons financières en rapport avec la maladie de Larbi", et qui n a pas voulu soutenir son sauveur puisque grâce a laarbi que paco a pu intégrer le groupe malgré l opposition de Allal et de omar.
Pourtant l'esprit Ghiwane survit en la personne de Allal et Omar, mais aussi grâce à Hamid et Rachid batma, cadets de Larbi qui par leur talent indiscutable, assurent la relève. Ils le disent bien dans leur chanson mythique, Ma Hemmouni : "rien ne m'attriste autant que les hommes en perdition. Même si les murs tombent, chacun peut reconstruire une maison". Mais aujourd'hui, si les pratiques de censure (voire d'arrestation pour délit d'opinion) ne sont plus un obstacle pour la carrière des Ghiwane, ils continuent de souffrir de la précarité qui touche tous les gens de l'art dans notre pays. "Il est inadmissible que les artistes se voient obligés de se produire dans des salles inadaptées, à l'exception du Théâtre Mohamed V à Rabat. Même une mégapole comme Casablanca ne dispose pas d'un site artistique à la mesure de son large public", affirme un Rachid Batma dépité. Pire encore : "lors de la retransmission de nos concerts à la télé, on a toujours des couacs de sonorisation. A l'étranger, nous n'avons jamais rencontré ce genre de problème !", ajoute-t-il. Quant au piratage, il sévit plus que jamais...
Triste pour un groupe aussi légendaire... Mais les Ghiwane n'ont toujours pas dit leur dernier mot. Leur dernier album, Haoud Ennaânaâ, est en passe de faire un tabac. La saga continue...
Les pères fondateurs Boujemâa Ahguir, dit Boujmiî" Le frère, le père, et l'ami" De ma vie, je n'ai connu un homme semblable à Boujmiî. Il était le frère, le père, et l'ami (...) Tout le monde l'aimait, et appréciait sa compagnie (...) D'une grande culture (...), amoureux du beau verbe, de la poésie autant classique que dialectale, il écrivait des pièces de théâtre, composait des chansons, récitait de mémoire un nombre incroyable d'adages populaires. Ces origines sahraouies aidant, il était passé maître dans la poésie Hassania... Sa belle voix aiguë titillait les sens (...) Une voix qui portait dans ses vibrations les dunes de sable, la spontanéité de l'homme bleu, et le sentiment de liberté incomparable que procure la transhumance (...) A l'apogée de sa créativité, il vivait l'avenir comme d'autres vivaient le présent (...) Il rêvait d'un foyer accueillant, et d'amour (...) Deux mots étaient une constante dans son discours : Lemhabba (l'amour) et l'khir (la bonté). (...) On les retrouve dans tout ce qu'il a écrit." Extrait de Errahil, autobiographie de Larbi Batma .

# Posté le samedi 23 février 2008 13:06

Nass El Ghiwane---Narjak Ana

Frère,voici ma supplique
Si je m'en vais,si je te quitte
delivre-moi de tes esclaves
delivre-moi de tes rites
je brave la mort ici-bas
O Frére Arab...
O mes jours...
"mon coeur regrette le vie de son sein
quand regne la haine et la calmonie
les naif ajoutent à mon calvanie
Noir et blanc ne sont-ils pas pareil ??
Pourquoi ce dedain du filet
Pour le tamis " ??


Il est difficile pour moi de vous traduire les paroles de El ghiwane, mais c'est bien dommage, car se sont des paroles chargées de cris, d'appels et de frustratuions.

# Posté le samedi 23 février 2008 13:37

Modifié le samedi 07 juin 2008 07:06

Gnawa Diffusion

Gnawa Diffusion
Biographie de groupe


Gnawa Diffusion


Le métissage n'a jamais pris un sens aussi fort que lorsqu'on aborde la petite histoire de Gnawa Diffusion. Emmenée par Amezigh Kateb, cette bande de copains est originaire de Grenoble dans le sud-est de la France.

Les membres du groupe sont issus de différents horizons, un peu plus loin au large de la Méditerranée. Rap, ragga, reggae, jazz, raï, on trouve de tout chez Gnawa Diffusion. Gnawa comme le peuple du Soudan Occidental déporté en Afrique du Nord au XVIème siècle par des seigneurs de Fès et d'Alger. S'ils ont été islamisés, ils n'en ont pas moins gardé leur croyance dans leurs dieux africains.

Combatif


Cette épopée est le reflet symbolique de ce que les immigrés en France ont vécu. C'est Amazigh lui-même qui le déclare et le clame. Il se sent proche de ces hommes déracinés. Fils du célèbre écrivain algérien Kateb Yacine, débarqué en 88 en France à l'âge de seize ans, il développe très vite une philosophie de combatif voir de contestataire. La situation doit changer et les inégalités disparaître. Gnawa Diffusion est le moteur indispensable pour faire passer le message de la contestation.

Le groupe existe depuis 1992. Les textes sont écrits et chantés par Amazigh en trois langues, l'arabe, le français et l'anglais. Côté disque, c'est en 93 que sort un CD cinq titres intitulé "Légitime différence" qui leur permet de se lancer sur scène. Commence alors une série de concerts en France avec des artistes comme FFF, Zebda, Massilia Sound System ou Princess Erika.

Ombre-elle

Remarqué parmi les nouveaux groupes qui allient musique métissée et revendications hexagonales, Gnawa sort un véritable album en 97 en même temps que sa popularité grandit. Avec "Algéria" chez GDO Records et le simple "Ombre-elle", la critique et le public sont au rendez-vous.

Entre acoustique et électrique, le voyage musical prend toute son ampleur avec la prestation du groupe sur scène, comme son passage de pendant deux jours à la grande Halle de la Villette à Paris dans le cadre des "Rencontres des Cultures Urbaines" en novembre 97. Et pour se faire connaître et reconnaître, rien ne vaut les tournées : l'année 98 est réservée à ça avec la tournée "Chibani Tour" qui rend hommage aux cultures passées. Avec un sens de la fête certain, le groupe réunit 5000 personnes chez eux à Grenoble au printemps 98.

C'est en janvier 99 que Gnawa se lance dans l'enregistrement d'un second album qui voit le jour en mai sous le nom de "Bab El Oued-Kingston". Toujours habité par le métissage des cultures, leur travail puise cette fois très loin dans les racines. Preuve en est ce titre, "Chara'Allah", vieux de trois siècles.
Dès la sortie du disque, démarre à Toulouse une tournée qui les mènera en Europe, au Moyen Orient, en Afrique et sur innombrables festivals estivaux pour se terminer fin 99.

On les retrouve en juin 2000 avec un nouvel album, "Bab El Oued 2". Cette année-là, ils tournent en Algérie en fin d'année avant d'y revenir en 2001 pour une série de concerts.

De cette épopée algérienne, ils graveront un double disque live Live DZ, premier disque live enregistré lors d'une tournée en Algérie.

Souk System


Quatre musiciens sont partis et d'autres ont intégré le groupe. Gnawa Diffusion se compose dorénavant de Pierre et Philippe Bonnet (batterie et basse), Pierre Feugier (guitare), Mohamed Abdenour (banjo, mandole), Abdel Aziz Maysour (guembri), Salah Meguiba (clavier et percus) et toujours Amazigh Kateb.

Le nouvel opus des Grenoblois, "Souk System" sort en juin 2003. Chantés en français, anglais, arabe, les textes semblent plus politiques que dans les précédents albums. Ils font référence en grande partie à l'actualité internationale, entre dénonciation et satire. La recette musicale elle, est toujours plus ou moins la même, reggae, ragga, châabi et musique gnawa.

# Posté le mercredi 27 février 2008 09:02

Modifié le mercredi 27 février 2008 15:25

Dub Incorporation

Biographie de Dub Incorporation


Dub Incorporation est fondé en 1997. Composé de sept musiciens (deux chanteurs/percussionistes (derbouka), deux guitaristes, un clavier, une basse, une batterie), le groupe stéphanois pratique un reggae métissé, original par les sons, l'énergie et les thèmes abordés.

Dub Incorporation a réalisé deux 5 titres, deux albums et un live :

Le premier 5 titres ("Dub incorporation 1.1") est sorti en version limitée à Saint-Etienne. Il comporte les premières versions de "Rude boy", la chanson culte du groupe.

Le deuxième 5 titres, "Version 1.2" installe le métissage propre à la formation. Le chant ragga se fait plus présent et le son gagne en professionnalisme. Le bouche à oreille fonctionne beaucoup et le groupe jouit d'un fort succès local.

C'est l'album Diversité qui fera exploser le groupe aux yeux du grand public avec le morceau le plus apprécié des fans, "Rudeboy", déjà présent sur le premier 5 titres. Pour leur deuxième album, Dans le décor, le groupe s'est offert les services de l'ingénieur du son jamaïcain Samuel Clayton Junior.

La notoriété nationale de Dub Incorporation est en grande partie basée sur la qualité des prestations "live" à travers la France. Particulièrement actifs en concerts, ils emportent le public par des performances enfiévrées. Ils sont appréciés pour leur simplicité, pour leurs textes qui prônent la paix et un esprit positif sans tomber dans les clichés. Fort de son succès, le groupe sillonne le pays mais aussi le continent.

En Afrique, Dub Incorporation s'implique aux côtés de l'association "Survie" pour témoigner des ravages de la "Françafrique".
Dub Incorporation

# Posté le samedi 01 mars 2008 11:19

BoB MaRLy

Biographie de Bob Marley


Qui était vraiment Bob Marley ? Devenu un mythe, une légende, une icône pour plusieurs générations de jeunes, il est difficile de savoir qui pouvait vraiment être celui qui réussi l'exploit de populariser la musique reggae et de la faire aimer au-delà des races et des conditions sociales.
On oublie souvent en effet que Bob Marley est la première, et peut-être la seule jusqu'à présent, superstar originaire d'un pays du tiers-monde et que ce seul tour de force, même sans parler de musique, a bouleversé durablement l'ordre social et politique, changeant l'état d'esprit de millions de gens à travers le monde, qu'ils apprécient le reggae ou pas.

C'est à Saint-Anne, en Jamaïque, que naît Robert Nesta Marley, le 6 février 1945. Sa mère était une jeune noire et son père, un officier blanc de la marine. De ce père qui lui lègue un métissage difficile à assumer, il ne garde pas grand chose d'autre car il disparaît à peu près aussitôt après avoir achevé sa « mission ». La vie est dure à Saint-Anne, le travail est rare et comme de nombreux jeunes, Bob part pour Kingston afin de tenter sa chance. Là, il rencontre deux autres jeunes passionnés, comme lui, de ska, la musique qui fait fureur sur l'île à la fin des années 50. Il s'agit de Bunny Livingstone et de William Hubert Mackintosh (qui deviendront par la suite Bunny Wailer et Peter Tosh) avec qui il chante pour le plaisir.
Dès 1961 pourtant, Bob Marley n'a alors que 16 ans, il commence à enregistrer des titres pour essayer de vivre de sa musique. Ce n'est pas un succès mais il récidive très vite, trois ans plus tard, et forme le groupe les Wailers avec ses deux camarades. Les Wailers vont travailler avec Leslie Kong et Lee Scratch Perry, alignant les tubes comme « Simmer Down » ou « Dancing Shoes ». Leur musique, néanmoins, ne sort pas des ondes jamaïquaines, ce qui leur permet à peine de vivre.

Bob Marley et les Wailers auraient pu continuer longtemps à avoir le succès local de simili-rockers blacks si une rencontre déterminante entre Bob et la philosophie rastafari, en la personne de Vernon Carrington, fondateur de l'Eglise des 12 Tribus d'Israël, n'avait été le point de départ d'une quête musicale et spirituelle qui prit des allures de révélation. Bob Marley et les Wailers véhiculent toute une philosophie, un mode de vie et une foi profonde. Le reggae devient l'hymne idéal, il se répand dans l'île comme une traînée de poudre, refusant l'inégalité raciale, prêchant la paix et la compassion. Cette musique déplaît au pouvoir en place, qu'importe, les Wailers partent travailler pour un temps en Angleterre.

C'est en 1971, en Angleterre justement, alors que le groupe s'étiole littéralement que Bob décide de donner un coup de pouce au destin en allant proposer leur musique au producteur Chris Blackwell, chez Island Records. Ce sera le début d'une collaboration fructueuse, longue de 10 ans. Leur premier album, « Catch-A-Fire », annonce le début du succès publique et commercial du groupe, mettant en avant les idées militantes et les thématiques récurrentes qui resteront jusqu'au bout le credo de Bob Marley : paix, unité, justice, lutte contre la pauvreté et indépendance des peuples africains opprimés. Tout cela ne serait rien sans l'impact rythmique et les tubes somptueux qui servent cette idéologie. Dès le 2ème album sorti en 1973, « Burnin », les classiques comme « Get Up Stand Up » ou « I shot the Sheriff » deviennent justement des tubes planétaires qui aujourd'hui encore n'ont pas pris une ride. Il en sera de même pour « No Woman No Cry » sur « Natty Dread » sorti l'année suivante.
Comme beaucoup de personnalités charismatiques (John Lennon en tête), Bob Marley sera victime d'une tentative d'assassinat en 1976, date de la sortie de l'album « Rastaman Vibration », on attribut même l'attentat à des tueurs proches de la CIA. Légende ou réalité, il s'en sort avec plusieurs balles dans le corps mais indemne. Ce n'est pas la folie humaine qui le tuera, déjà la maladie le ronge. Bob apprend qu'il est atteint d'un cancer et qu'il n'en n'a probablement plus que pour quelques années à vivre aussi enchaîne t-il les albums jusqu'en 1980 dont le formidable « Exodus » en 1977 et le plus décrié « Uprising ». "Uprising" est une sorte de chant du cygne où se loge tout de même la pépite « Could you be loved » dont le rythme entraînant, dansant, marque à jamais la mémoire du « rock », bien qu'il s'agisse encore et toujours de reggae.

Bob Marley s'éteint en 1981, rattrapé par la maladie, au cours d'une escale, alors qu'il tentait de rentrer en Jamaïque pour y mourir. Il n'a que 36 ans et ses funérailles, entre foire d'empoigne et dévotion populaire annoncent le début du mythe. « A partir de maintenant, les prophéties vont s'accomplir », ce sont ses propres mots...



BoB MaRLy

# Posté le samedi 01 mars 2008 11:27

Modifié le jeudi 06 mars 2008 18:15